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Extrait du rapport OCDE 2009 « Le bien-être des enfants »
Article mis en ligne le 2 septembre 2009
dernière modification le 2 décembre 2014

Dans le nouveau et tout premier rapport sur le bien-être des enfants, l’OCDE montre que l’État en France
dépense beaucoup pour les enfants, plus que la moyenne OCDE, et ce pour chaque groupe d’âge. La France récolte t-
elle les fruits de son important investissement ? Malgré des dépenses publiques élevées, ce rapport de l’OCDE montre
que certains résultats des enfants en France sont légèrement à la traine, particulièrement dans l’éducation.

Par rapport au revenu des familles, l’État français est le troisième pays le plus généreux vers les enfants après la Hongrie et le Luxembourg. Aussi elle se classe bien (5è) dans la proportion des dépenses publiques vers les enfants de bas âge (jusqu’au 6è anniversaire), grâce aux écoles maternelles principalement.

Ce rapport soutient en effet qu’il faut accentuer l’effort d’investissement durant la petite enfance (« années Dora l’Exploratrice ») par rapport à la grande enfance (« années Facebook ») ; il est essentiel d’investir dans les enfants à un stade précoce.

C’est en terme de bien-être matériel que la France se situe le mieux comparé aux autres pays de l’OCDE. Certes, les enfants en France vivent dans des familles dont le revenu est de 19 000 $ ÉU en parité de pouvoir d’achat, ce qui se situe juste en dessous de la moyenne OCDE de 19 200 $ ÉU. Mais seuls 7.6% des enfants vivent sous le seuil de pauvreté (avec moins de la moitié du revenu médian), comparé à une moyenne OCDE de 12.6%. Et seuls 12 enfants sur 1 000 en France sont privés de ressources de base nécessaires pour étudier, comparé à une moyenne OCDE de 35 pour mille.

Malgré ces résultats « matériels » corrects, la performance des élèves français à l’école reste légèrement inférieure à la moyenne OCDE. On note d’ailleurs que les pays où le niveau moyen des acquis scolaires est le plus élevé sont aussi ceux où l’écart des résultats entre les moins bons et les meilleurs élèves est le plus faible. Cet écart en France est le 5è plus élevé des pays de l’OCDE. Cette inégalité peut peut-être expliquer le fait que seul 1 enfant sur 5 déclare aimer l’école en France, ce qui est encore inférieur à la moyenne OCDE.

Les résultats liés à la santé sont mitigés. En France, seules 6 mères sur 10 allaitent à la naissance de leur enfant, c’est le deuxième taux le plus bas après l’Irlande (4 sur 10). Les adolescents français présentent des taux de mortalité et de suicide bien inférieurs à la moyenne OCDE. Mais seul 1 enfant sur 7 (entre 11 et 15 ans) déclare exercer régulièrement une activité physique, comparé à 1 sur 5 en moyenne.

En ce qui concerne les comportements à risque, les enfants français de 13 à 15 ans déclarent moins d’excès d’alcool que dans la plupart des pays de l’OCDE, mais ces 14% restent trop élevés. Aussi les enfants français fument plus : en effet un enfant de 15 ans sur cinq déclare fumer au moins une fois par semaine, ce qui est plus élevé que la moyenne OCDE. Enfin, seules 7 adolescentes sur 1000 donnent naissance en France, comparé à une moyenne OCDE de 16 pour mille.

La totalité de ce chapitre sur la comparaison du bien-être des enfants est disponible en ligne (en anglais uniquement temporairement). Le rapport analyse également les montants dépensés par les pays au titre de l’enfance et à quel stade interviennent ces dépenses, le détail des politiques à destination des enfants de moins de trois ans, l’impact de la monoparentalité sur les enfants et l’effet des inégalités intergénérationnelles. En conclusion, il fait un certain nombre de recommandations d’ordre général en vue d’améliorer le bien-être des enfants (en ligne également, en anglais uniquement temporairement).